« Il y a deux manières de faire de la politique. Il y a la politique professionnelle, quotidienne, qui demande beaucoup d’habileté — trop d’habileté ; c’est la politique des diplomates, des hommes d’État, des parlementaires. Elle est matériellement impossible au créateur parce qu’elle exige l’effort entier d’un homme. Mais cette inaptitude à la politique de couloirs n’exclut pas la participation morale de l’intellectuel à la vraie politique : la lucidité de ses idées, la justesse de ses vues, la rectitude de sa vision lui permettent de se rendre utile. Comme homme d’action, il pourrait être inférieur ; comme homme de pensée il gardera partout et toujours son rang. »
— Stefan Zweig
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[Back to basics] Le Surmoi, le Moi et le Ça du raisonnement statistique (Gigerenzer, 1993)
Gigerenzer, G. (1993). The superego, the ego, and the id in statistical reasoning. In G. Keren & C. Lewis (Eds.), A handbook for data analysis in the behavioral sciences: Methodological issues (pp. 311–339). Lawrence Erlbaum Associates.
Pourquoi lire ce texte ?
Le test de l’hypothèse nulle tel qu’il est enseigné et pratiqué en psychologie combine des éléments de deux théories statistiques incompatibles, celle de Ronald Fisher et celle de Jerzy Neyman et Egon Pearson, sans que cette combinaison soit signalée dans les manuels. Le chapitre de Gerd Gigerenzer (1993) retrace la manière dont cette combinaison s’est constituée entre 1940 et 1960, montre en quoi elle est incohérente du point de vue de chacune des deux théories, et décrit ses effets sur la pratique de la recherche. Plus de 30 ans après sa publication, cette logique hybride reste celle que l’on enseigne et que l’on applique.
Lire la suite [Back to basics] Le Surmoi, le Moi et le Ça du raisonnement statistique (Gigerenzer, 1993)Quand l’anti-intellectualisme s’invite sur France Culture : retour sur un débat sans contradiction
Je viens d’écouter sur France Culture l’émission Signes des temps, consacrée au livre de Samuel Fitoussi, Pourquoi les intellectuels se trompent. En apparence, tout semble en ordre : un auteur expose ses idées, une chercheuse (Stéphanie Roza) lui répond, et le ton reste feutré, posé, presque courtois. Mais ce calme apparent masque un malaise plus profond : ce débat n’en était pas un.
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